Tandis que les grandes chaînes ont su prendre le virage du numérique et proposent désormais de nouvelles offres, plus proches des attentes des clients, les hôtels économiques indépendants entament tout juste leur transformation digitale. Ce retard est pointé du doigt par la clientèle, déjà habituée au niveau de service des hôtels économiques “nouvelle génération”. Des défis restent donc à relever pour les exploitants indépendants.

 

Hôtellerie économique : une transformation digitale à deux vitesses

Historiquement plébiscités par les voyageurs d’affaires pour leur coût réduit au minimum, les hôtels économiques accueillent désormais une tout autre clientèle. Familles, jeunes voyageurs et touristes étrangers n’hésitent plus à séjourner dans ces établissements “low cost”. La clientèle loisirs représente même aujourd’hui la moitié de l’activité de des grandes chaînes françaises.

Pour attirer de nouveaux profils de voyageurs, les chaînes d’hôtellerie économique (Ibis, Formule 1, Kyriad, etc.) ont su se défaire de leur image “bon marché” (voire “bas-de-gamme”), en se réinventant totalement. Sites web attractifs, moteurs de réservation efficaces, marketing digital accrocheur, programmes de fidélité alléchants, expérience client soignée, services connectés fiables… Tout est mis en oeuvre pour satisfaire le voyageur et le fidéliser. Ce dernier est au centre des préoccupations de l’établissement tout au long de son séjour, ce qui fait totalement oublier son côté “économique”. Le prix de l’hébergement devient alors un des éléments séduisants de l’offre… parmi tant d’autres. L’hôtellerie économique n’est donc définitivement plus réservée aux VRP. On y séjourne aussi en week-end, pour découvrir les environs ou faire une halte agréable lors d’un long trajet.

Seulement voilà, les hôtels économiques indépendants, eux, peinent à se renouveler. Ils ne disposent évidemment pas de la même force de frappe que les grandes chaînes pour le faire. Les exploitants doivent opérer leur transformation digitale seuls, et cela s’avère complexe. Pourtant, cette transition est essentielle pour faire face à la concurrence des grands groupes et s’ouvrir à une nouvelle clientèle.

 

Des difficultés qui éloignent les hôteliers indépendants de la transformation digitale

transformation digitale hotel independantAlors que l’activité touristique est boostée par le développement de l’e-commerce (Booking prédomine largement les transactions hôtelières mondiales), les hôtels économiques indépendants n’en profitent pas pleinement. Pour cause, la plupart d’entre eux n’ont pas encore opéré leur transition digitale. En effet, bon nombre d’exploitants indépendants se contentent encore aujourd’hui d’une présence en ligne très sommaire (OTAs, site web austère), voire inexistante, et d’un marketing digital proche du néant.

Ce retard de modernité ne provient pas d’un manque de volonté des hôteliers eux-mêmes. Mais elle leur porte tout de même préjudice ! Les professionnels croulent sous le poids des obligations quotidiennes qui leur incombent. Gestion et exploitation de l’établissement, lourdeur administrative, respect de la réglementation – aux conséquences parfois coûteuses -, difficultés à recruter du personnel… Les conditions de travail des hôteliers indépendants sont particulièrement prenantes et stressantes. Résultat : la transformation digitale passe au second plan. (Voir notre billet “Comment gagner du temps dans la gestion de votre hôtel ?”)

 

Pourtant rien n’est perdu. Les hôteliers économiques indépendants ne sont pas condamnés à l’impuissance face au renouvellement des grandes chaînes. Pour peu qu’ils soient motivés et entreprenants, ils peuvent se transformer et se démarquer. Pour cela, il est urgent qu’ils apprennent à tirer partie de la richesse de l’écosystème du web, de la technologie… et qu’ils commencent à commercialiser leur offre efficacement !

livre blanc hotellerie economique

Romain Bernard

Par Romain Bernard, le 28/05/2019

Share This